05 juin 2011
Des nouvelles des artisans:
Le potier de Hada a complètement retrouvé son activité de potier, il confectionne de nouveau des grande jarres pour l'eau (Madki), des assiettes en terre, des bougeoirs, lampes à huile, tirelires, bols.... qu'il vend dans son village et les villages avoisinants. Les gens achètent chez lui plutôt qu'à Jaisalmer, car il a beaucoup de choix et fait un travail sérieux.
C'est une grande victoire pour nous de voir ce potier de nouveau a l'ouvrage, il trouve seul ses clients autour de chez lui, il prend son indépendance, ce qui va nous permettre de relancer un autre artisan. Les artisans du désert délaissent leur activité familiale pour devenir casseurs de pierres,
ils ramènent ainsi quelques roupies à la maison, c'est leur seul moyen de survivre aujourd'hui.
Quand à Kasturaram, le tisseur de poils de chèvres, il travaille ardemment avec sa femme et fait de nombreux tapis que nous vendons uniquement aux touristes pour le moment car les villageois n'ont pas les moyens de les acheter.
Nous avons comme projet de tenir un stand au « désert festival » à Jaisalmer en février 2011; Kasturaram pourra présenter son travail et le vendre directement aux touristes.
Nous cherchons également des lieux de dépôt en France pour les tapis (stands de marché, magasins....) nous pourrons ensuite soutenir un autre tisserand.
Le parrainage scolaire:
Grâce a vous, nous avons pu cette année aider à la scolarisation de 3 enfants :
Gunpath 14 ans, Bhawru 11 ans et Kissor 9 ans.
Nous avons acheté du matériel scolaire des uniformes et un vélo pour 2.
Bhawru et Kissor partagent le même vélo pour faire les 3,5 km jusqu'à l'école.
Bhawru sait à présent lire et écrire, Kissor sait compter.
Nous avons réparé le vélo de Gunpath car son école est à 7km, nous versons une pension mensuelle pour sa nourriture car il vit loin de son domicile.

Nous sommes persuadés que la seule solution pour aider la caste des Bhils à se faire respecter dans la société est l'EDUCATION; les adultes sachant lire écrire et compter cesseront d'être les victimes d'arnaques et de maltraitances quotidiennes par les autres castes.
Il en est de même pour les autres « sous-castes » tels que les Joggis : pas de place pour eux dans les établissements scolaires, les enfants Joggis se font battre et insulter quotidiennement, on ne leur accorde pas de droits humains, un animal est mieux respecté qu'un joggi !
La semaine dernière un Joggi avait gagné une petite somme d'argent après un travail de dur labeur dans les champs ; il est allé mettre l'argent en banque et le jour où il décida de retirer cette somme, la banque refusa de la lui remettre prétextant que sur son reçu, il était écrit: « compte sans provision »! Le pauvre homme était démuni, ne sachant pas lire, comment pouvait-il lutter contre
un établissement banquier ?
Nous aimerions un jour pouvoir créer une école chez nous à Pabu ki Dhani,
une école inspirée par la pédagogie Steiner qui accueillerait les enfants
de tous les milieux, (castes, sous-castes, tribus...) et enfin une école dans laquelle
les filles pourraient être scolarisées ! Nous avons découvert que les filles des villages du désert n'ont pas accès à la scolarisation.
Puisse notre rêve devenir réalité !
30 novembre 2010
Les moustiquaires d'AGIR
Le mois d'aout, la pleine saison des pluies, le paludisme est un problème majeur dans le désert
le taux de mortalité chez les enfants et personnes âgées est très élevé.
Cette année, nous avons eu la chance de recevoir de France, des moustiquaires imprégnées de répulsif.
Edith et les membres d'AGIR abcd Isère ont sensibilisé les gens autour d'eux au problème du paludisme dans les villages du Rajasthan.
Des dons ont été reçus, un concert à été organisé pour récolter des fonds, et des moustiquaires ont pu être achetées et amenées jusqu'à Podha, notre maison, par l'intermédiaire de Marie-Paule.
De nouvelles moustiquaires sont arrivées aujourd'hui avec un groupe de Grenoble

Nous les avons distribuées aux familles dans le besoin, principalement à celles qui ont de jeunes enfants,
en échange d'un service ( coupe de bois, ramassage d'ordures dans le désert.....)


Puis nous avons montré à ces familles comment utiliser ces moustiquaires et comment en prendre soin, et nous sommes allées dans les villages vérifier qu'elles étaient bien utilisées.

Merci à Edith et aux membres d'AGIR, le paludisme est très présent cette année et des familles, des enfants ont pu être épargnées grâce à vous.
06 juin 2010
Distribution de Vétements
Nous avons pu faire circuler tous les vetements qui nous avaient été donné, nous avons tout d'abord fait des distributions dans les villages plus éloignés puis nous avons invité les enfants des villages voisins (Hada et Josia) à venir se servir.
Ils sont arrivés avec un air grave, Pabu s'est chargé de trouver des vetements à la taille de chacun puis il les a aidé à s'habiller.

Ils étaient si heureux dans leurs nouveaux vétements! Nous leur avons également distribué des stylos pour l'école, ils sont repartis avec le coeur joyeux.
Merci à tous ceux qui nous ont donné et apporté des vétements!!!
28 janvier 2010
lettre envoyée aux adherents pour 2010
Chers Amis,
Voici quelques nouvelles de nos actions sur le terrain:
Pour 2010 l'Association Malenbaï se lance un nouvel objectif:
Débuter une action de parrainage scolaire pour les enfants du désert du Thar qui n'ont pas la possibilité de poursuivre leurs études dans les villages après l'âge de 13 ans faute d'établissement secondaire.
Or certains enfants aimeraient continuer à étudier. Pour cela, il n'y a qu'une solution: venir étudier en ville à Jaisalmer (aux portes du désert), trouver une famille d'accueil et intégrer un établissement secondaire.
Gunpath et Bawru 

Deux élèves ont d'ores et déjà besoin d'un parrainage pour la prochaine année scolaire: Bawru et Gunpath. Nous lançons un appel à deux ou plusieurs familles qui pourraient prendre en charge (en partie ou totalement) les frais de scolarité et d'hébergement qui s'élève à 80 euros par mois par enfant.
En 2010 Malenbaï souhaite également poursuivre le parrainage des artisans locaux en renouant avec leurs activités ancestrales.
Aujourd'hui, nous aidons une famille de potiers et une famille de tisserands ainsi que de nombreux fileurs de laine qui ont repris leur activité avec ardeur au sein du village;
ces artisans retrouvent ainsi leur dignité.
Nos visiteurs peuvent acheter des tapis en poils de chèvres et de chameaux, ainsi que de petits articles en poterie.

Le potier de Hada à l'ouvrage
Par ailleurs nous souhaitons continuer à former et à informer sur la préservation de l'environnement.
De nombreux arbres ont été plantés qui nécessitent un entretien régulier (en particulier par un apport d'eau extérieur) les trois premières années de leur existence.
Des huttes construites selon les méthodes traditionnelles ont vu le jour pour l'accueil de voyageurs qui souhaitent vivre durant quelques jours la vie du désert.
Les chèvres ont déjà fait des petits et fournissent le lait.
Merci infiniment pour votre soutien qui a déjà permis de grandes réalisations!
Adresse: Malenbaï 3, rue de la Mairie- F-49420 Armaillé
17 décembre 2009
Marché de Noel 2009
Merci à tous pour ces marchés de Noel à Verrieres et à Genève.
Merci Gena d 'avoir été partout à la fois!
24 octobre 2009
Extraits du blog de Genevieve apres un sejour dans le desert
vendredi, octobre 23, 2009
La défense des savoir-faire du désert
L'association de Capucine et de Pabu - Malenbai
- tente de retrouver des artisans qui se donneraient l'envie de renouer
avec les métiers traditionnels au lieu d'aller casser des pierres sur
le bord des routes en s'expatriant, pour plusieurs semaines, de leur
village et de leur famille.
C'est ainsi que Kastura Ram, le tisserand, qui vit avec toute sa famille à Joshia,
s'est remis à tisser laine de chèvre, poils de chameau et fils de
coton. Il s'est même construit un nouvel abri pour travailler plus
tranquillement. Jeanine et moi avons acheté chacune deux tapis pour les
vendre dans nos marchés de Noël respectifs pour soutenir l'initiative.
Le problème reste bien sûr de trouver de la laine de chèvre, puisqu'il
semble qu'on ne sache plus tisser les poils de chèvre...
Un autre artisan s'est joint au projet: un potier du village de Radah.
Il fait partie de la caste des potiers et aucun pot n'était sorti de
ses mains depuis plusieurs années. Capu et Pabu l'ont convaincu de se
remettre au tour et un des fils est très doué pour prendre la relève.
Pour Divali, beaucoup de villageois sont venus lui acheter pots et
vasques de fête. Et ça, c'était une victoire que la clientèle locale
commence à revenir chez lui au lieu d'aller dans la
grande ville!
Un
savoir-faire très impressionnant est celui de tresser des herbes pour
en faire des cordes qui tiendront une toiture en paille durant les mois
de tempête de sable. Kamanadji est un vieux monsieur,
léger comme une feuille de papier Bible, qui n'a pas hésité à se
précipiter à Podha pour nous montrer de quoi il était capable! Le soir.
il est allé chercher sur une dune toute proche l'herbe exacte dont il
avait besoin. Il a pris son temps. Nous l'avons attendu en regardant
les pierres dans le soleil couchant. Puis, le lendemain, à l'aube, il a
commencé à tresser...et
les herbes folles se sont faites cordes et liens...
........ Dhani
La première fois que j'ai entendu ce terme hindi - dhani
-, c'était dans le Shekawati à Apani Dhani. Cela m'avait frappé, parce
que, d'une part, c'était le prénom de Dany, mais d'autre part, il était
prononcé avec une sorte de douceur toute particulière. Quand on m'a
donné la traduction d'"Apani Dhani", notre naison, j'ai compris, une
fois de plus, combien les sonorités de certaines langues traduisent
l'essence des choses qu'elle nomme.
Et
voilà que je retrouve ce terme ici, chez Pabu et Capucine, dans leur
projet d'accueil "à la maison"! Avec courage et détermination, ils ont
aménagé un terrain, enlevé les pierres (pour éviter que les serpents ne
s'y cachent et pour voir ainsi leurs traces sur le sable), planté et
arrosé des arbres en cercle, fait construire des charpois magnifiques
avec un cadre de bois et des pieds qu'ils sont allés chercher à Barmer.
D'abord une hutte ronde, puis trois, puis deux huttes rectangulaires.
Beaucoup de soin dans la construction, dans le traitement du toit (contre les insectes ou les scorpions dont les femelles ont tendance à faire leur nid dans la paille...), dans la décoration très sobre réalisée par Capucine à la chaux.
Les
toilettes et salle de bain pour un "indian bath" sont dans la grande
maison, mais désormais, tout est séparé et clairement délimité: la
cuisine, la salle de bain, la pièce à vivre, une pièce qui servira de
bureau, une immense réserve pour stocker le matériel, un enclos de
fourrage, un autre pour les chèvres qui donnent le lait chaque jour et
qu'il faut traire (en général, s'y mettre à deux, car ça gigote une
chèvre!)...
Le
projet de Capucine et de Pabu est d'accueillir pour un, deux ou trois
jours des voyageurs qui veulent approcher la vie du désert, dans sa
réalité de tous les
jours: le silence, l'absence d'électricité, les repas faits sur le feu,
le sommeil dans les bruits de la nuit, les chants des hommes qui
bercent les enfants, la nature à la fois si dure et si belle... Il
reste à trouver un nom définitif pour cette maison d'accueil. Et faire
un site web, et un prospectus, et...et...et... Mais nous en reparlerons!
Les couleurs du désert
Quand
les verts se font rares et que les tons de la nature se déclinent en
ocre, rouille et noir, sous un ciel uniformément bleu, les êtres
humains ont su, depuis l'aube des temps sans doute, réveilletr tout
cela par des vermillons, des orangés, des roses et des bleus audacieux.
Dans le désert, dans tous les déserts du monde, même les déserts qui
relèvent de pays ultra religieux, les tribus se parent de couleur. Bien
sûr, ce sont les femmes qui donnent le ton, mais les hommes ne sont pas
en reste, même si, seul, le turban témoigne de ce souci de la couleur.
Cette
femme est de la tribu des Jhoguis du village de Choderia. Les femmes de
sa tribu dansent des danses ancestrales apprises de générations en
générations. A la différence des danseuses de Bharatanatyam, elle
ignore totalement la signification des gestes accomplis. Pourtant, nous
aurions pu mettre une "Légende" sous chacun d'eux: merci à la terre,
merci au ciel et aux étoiles, les gestes du labeur, cs pieds eux de
l'enfantement, ...
Ses
pieds nus lourdement chargés de la fortune que les enfants auront à se
partager après la mort et la crémation du corps heurtaient
Elle a dansé voilée, car Pabu était présent, et même si son frère et son mari étaient présents et lui intimaient l'ordre de se dévoiler, elle ne le pouvait tout simplement pas... Elle avait donné naissance à neuf enfants, et normalement, une femme se voila la face devant un homme plus âgé qu'elle, ce qui n'était nullement le cas de Pabu.
Le frère joue de la flûte du désert, en devant souffler, me semble-t-il, aussi fort que dans un duduk arménien, vu le gonflement des joues!
Les
Jhoguis sont une des plus basses castes qui soient. Ils sont un peu
méprisés même par les autres basses castes parce qu'ils mangent
n'importe quoi...
Les arbres du défi
Quel
défi que de faire planter quelques arbres autour d'une maison quand on
habite une région où les pluies, certaines années, sont inexistantes!
Il faut penser à tout: à la terre et à l'emplacement, bien sûr, mais
aussi au vent, aux chèvres voraces, aux vaches errantes, aux chameaux
gloutons, à l'eau qu'il va bien falloir amener de loin pour arroser
suffisamment les jeunes arbres tous les dix jours, prévoir un budget à
cet effet, protéger, soigner, regarder, anticiper, utiliser la base
humide comme mini jardin potager! A chacun sa technique. Celle de
Benjamin, ci-contre, diffère de celle de Pabu ci-dessous.
J'ai
été émerveillée par le travail entrepris par Pabu tout autour de la
maison et autour des huttes. les arbres sont encore très jeunes, mais
je peux imaginer combien cette couronne d'ombres si elle s'étoffe au
fil des ans sera agréable et accueillante. Tout devient cercle et
centre dans la Dhani de Pabu et Capucine. Nous en reparlerons.
Mais
il y a aussi les autres arbres. Ceux qui poussent en sauvage. Ceux qui
puisent leur subsistance dans les profondeurs de la terre. Ceux qui
rompent la monotonie du paysage et qui défient la terrible malédiction
de la sécheresse. Leurs formes sont étonnantes. Leur tronc ressemble
parfois à de la pierre. Leurs racines s'apparentes à des pieds qui
veulent s'émanciper. Les buissons ont l'air d'être de passage
seulement... Souvent, ils se défendent avec des piquants.
Les pierres du désert
Bien
sûr, le sable est présent dans le désert du Thar. Mais pas tant que ça.
Il y a quelques dunes immenses: celles de Sam, celles de Khuri, celles
des "camel safaris" touristiques où il est proposé de faire une heure
de chameau, de s'arrêter pour assister au coucher du soleil, de boire
un tchai dans le sable, puis de repartir à son hôtel... Il me semble
qu'il y a plus de pierres que de sable. Ou plus exactement, il y a du
sable, beaucoup de sable, mais sous les pierres.
Les
pierres sont, selon la région, noires, rouges, blanches, ocres, jaunes.
Les couleurs des pierres varient en fonction de la lumière et du moment
de la journée. Les pierres du désert sont en petit ce que les pierres
de la Lena étaient en grand: elles contiennent toute la mémoire du
monde. Chaque pierre raconte une histoire dans sa forme, dans sa
couleur, dans sa texture, dans les motifs qu'elle contient. Il suffit
de se pencher et de lire. Hier soir, quand nous sommes rentrés en
tracteur dans le couchant, lee pierres noires étaient devenues
violettes.
Le silence du désert
C'est ce qui frappe d'abord, chez Pabu et Capucine: le silence. Bien sûr, il y a parfois les cris des petits chirikis qui déchirent l'air au-dessus de la tête, puisqu'ils font leur nid dans la paille du toit des huttes ou de l'auvent. Il y a aussi la vigueur de la voix de petit Mohan quand il chasse les chiens sauvages à la manière de son papa. Mais, dans l'intervalle de ces sons, il y a le silence. Et avec la qualité de ce silence-là, il y a le temps, un temps dense, presque palpable, un temps en rapport avec l'humain dans ce qu'il a de plus proche de la nature. Le temps de la nuit (qui tombe très tôt vers 18 heures), puis cet espace de temps qui ira du lever du soleil à son coucher et durant lequel on mangera, on parlera, on dormira...
Silence
habité de mille sons, avec en musique de fond, en cette saison, le vent
qui vient de loin et qui fait chanter les toits de paille, qui fait
tourbillonner le sable en longues volutes sur le lac asséché devant la
maison, qui fait se courber les jeunes plantations. Il faut compter
avec le vent par ici. Il peut se lever en milieu de nuit et le silence
devient tintamarre soudain. Il peut se lever en milieu de journée et
devenir tempête de sable qui recouvre tout. Et le vent, si souvent
présent en cette région du monde, fait tourner les pales des éoliennes en une danse ininterrompue tout autour de Jaisalmer.
Texte de Gabrielle publie sur son site
Malenbai
Par Gabrielle le jeudi 24 septembre 2009, 14:29 - Les porteurs d'espoir http://www.esperrance.org
Nous partons au coeur du désert du Thar à la découverte de l’association
Malenbai. A une vingtaine de kilomètres de Jaisalmer, la jeep quitte la route
pour une piste qui serpente à travers des étendues de sable et de cailloux
noirs où quelques arbustes défient le vent et le soleil. Cet immense plateau
s’achève brusquement pour plonger sur une vaste étendue de sable clair,
semblable à un morceau de lune égarée sur la terre… un lac asséché. Nous nous
arrêtons au seuil d’une grande bâtisse solitaire qui semble contempler
l’horizon.
Les fondateurs de Malenbai, Capucine et Pabu, nous accueillent autour d’un thé
de bienvenue et nous racontent leur histoire… Lors d’un voyage en Inde, cette
jeune Française part avec sa famille pour un safari en chameaux sous la
conduite de Pabu. Ils se reconnaissent et décident d’unir leur destin dans ce
désert où tous deux se sentent chez eux plus que partout ailleurs. Ils s’y
installent en dépit de toutes les difficultés d’ordre matériel mais surtout
culturel et social. La mixité de leur couple n’est pas acceptée au sein de la
société indienne, d’autant que Pabu est issu d’une caste parmi les basses, les
Bilhs, chasseurs par tradition.
Capucine et Pabu
Après trois années de persévérance, la maison qu’ils ont construite est devenue
un lieu d’accueil, suivant la tradition des habitants du désert. Les
agriculteurs des terrains environnants, les bergers de passage, tous ceux qui
le souhaitent y font étape. Ils viennent seuls ou en familles, partagent leurs
repas et la grande terrasse où chacun s’endort à la belle étoile après la
veillée.
Pabu est fier d’être Bilh, mais de nombreux autres ont perdu ce sentiment.
Originaires du Gujarat, ils ont été déplacés près de Jaisalmer pour mettre
leurs talents de chasseurs au service des Maharajas. Lors de cette migration,
ils ont perdu beaucoup de leurs coutumes et de leur artisanat. Aujourd’hui, la
plupart survivent en cassant des pierres pour les chantiers de construction, un
travail de forçat dévalorisant.
Capucine et Pabu veulent faire de leur différence une force pour aider
les Bilhs à se relever. Ils se tournent d’abord vers l’agriculture :
ils investissent dans un tracteur qu’ils prêtent aux familles pour les inciter
à cultiver leurs terrains et forment des jeunes à la conduite. L’année
suivante, ils profitent de l’eau du lac et du prêt d’un générateur électrique
pour faire une culture de moutarde irriguée. De nombreuses familles participent
aux semences puis à la récolte. Autour de cette activité nouvelle, se
développent échanges et partages au rythme des chants qui accompagnent le
travail. Cependant, l’opération est déficitaire et, devant le caractère
aléatoire des récoltes, il faut trouver d’autres idées.
Suivant les conseils enthousiastes d’une amie, ils créent en août 2007
l’association Malenbai du nom de la déesse du désert vénérée par les
Bilhs. Leur objectif est de faire revivre l’artisanat local,
véhicule de la culture et des racines que les Bilhs ont besoin de retrouver.
Les savoirs se sont tellement perdus que Capucine et Pabu peinent à retrouver
les quelques personnes qui les détiennent encore, une véritable chasse aux
trésors.
Ils découvrent un tisserand, cet homme d’un certain âge n’a plus la force de
casser des pierres et peine à faire vivre sa famille. La possibilité inespérée
de reprendre son métier d’origine le réjouit. Avec l’aide de Malenbai, il
rénove le vieux métier à tisser de son père et se remet au travail. Après tant
d’années sans pratique, il lui faut plusieurs essais avant de maîtriser à
nouveau la technique. Ces tapis sont tissés à partir de poils de chèvre liés en
corde que seuls quelques vielles personnes savent encore faire ; Pabu doit
faire parfois 80 kilomètres pour trouver les précieuses pelotes. La vie de ce
tisserand est transformée : la vente des tapis à Malenbai lui assure une source
de revenus, et surtout il a retrouvé sa fierté et la considération de ses
pairs. Lorsque nous lui rendons visite, toute la famille et les enfants nous
accueillent avec joie et curiosité. En dehors de Capucine, nous sommes les
premiers étrangers à venir chez eux.
Le tisserand et sa fille
Cette année, Malenbai renouvelle l’expérience avec une famille de potiers d’un
village proche. Pour gagner leur vie, ceux-ci délaissaient peu à peu leur tour
et partaient vers les carrières casser des pierres. La poterie devenait une
activité d’appoint et risquait à terme d’être abandonnée. Motivé par
l’opportunité de vivre à nouveau de son art, le potier nous montre les nombreux
modèles qu’il sait faire. Capucine et Pabu lui donnent des idées d’objets
s’inspirant des traditions rajasthanaises et susceptibles de plaire à des
touristes. Nous sommes surpris lorsque son fils de 15 ans le remplace au tour,
faisant déjà preuve d’un grand savoir-faire. La transmission est assurée.
Le fils du potier
En visitant les familles, Capucine rencontre des femmes qui confectionnent de
magnifiques broderies pour leur usage personnel. Avec quelques idées nouvelles
puisées sur les marchés ou dans leurs traditions, elles pourraient utiliser
leurs talents et rejoindre les artisans de Malenbai…
Les huttes
Parallèlement aux activités de l’association, Capucine et Pabu cherchent à
développer une activité qui leur permette de vivre dans ce désert, condition
essentielle pour poursuivre l’action de Malenbai. Peu à peu, ils forment le
projet d’accueillir des touristes désireux de découvrir et vivre le désert.
Lors de notre venue, Pabu vient d’achever la construction de cinq belles huttes
traditionnelles qui sont harmonieusement disposées face à l’immensité du lac
asséché. Il souhaite également mettre à profit son expérience de guide pour
proposer des safaris en dromadaires aux visiteurs.
Chamelier
Leur démarche est emprunte d’éthique et de solidarité dans la continuité de
Malenbai : ils ont à cœur d’intégrer dans leur projet les artisans qu’ils
soutiennent en organisant des visites dans leurs villages afin que les
touristes découvrent leur travail. Ils conçoivent cette nouvelle activité comme
une chance de partager leur passion et leurs connaissances de cet environnement
mystérieux, dur et généreux à la fois. Ce sera pour les visiteurs l’occasion de
s’immerger dans la vie du désert : partager les repas avec les bergers de
passage, à la nuit tombée écouter leurs chants en admirant la voie lactée,
dormir dans des huttes bercés par le souffle du vent…
Comment les aider ?
Ce projet touristique soutiendra l’action de Malenbai, et avec l’aide de la
déesse du désert, pourra rendre espoir à la caste des Bilhs. Capucine et Pabu
invitent chacun à venir leur rendre visite, une belle idée pour des vacances «
découverte ». Ils sont établis à 24 kilomètres de Jaisalmer, soit 30 minutes en
jeep. Ils cherchent des contacts avec des agences de tourisme solidaire afin de
se faire connaître.
Lors de ses visites annuelles en France, Capucine collecte des vêtements et
médicaments afin de les distribuer à ceux qui en ont besoin. Les dons
financiers sont également bienvenus.
Contact
Site : http://malenbai.canalblog.com
E-mail : malenbai@hotmail.fr
Téléphone de Capucine : +91 9829552278
Téléphone de Pabu : +91 9602534344
Gabrielle
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30 août 2009
30 août 2009
A Podha, les nuages sont lourds, la chaleur est pesante et étourdissante et cette pluie qui n'arrive pas!
Le lac est toujours aussi sec.
Joga le berger nous raconte qu 'il a perdu ces derniers mois 120 chèvres a cause de la sécheresse. Cette sécheresse qui prive les animaux de leur nourriture; il n'y a plus rien à brouter dans le désert.
Nous sommes allés dans un petit village près de Barmer (220 km de jaisalmer) pour acheter des pieds de lit traditionnels en bois; les artisans de Jaisalmer ont remplacé le bois par le métal.
Nous allons fabriquer des lits à partir de ses pieds; nous les utiliserons dans notre petit village de huttes pour l'accueil de nos hôtes. (6 huttes au total).

Nous avons rendu plusieurs visites au Potier de Hada, il reprend peu a peu son activité et encourage ses enfants dans l'apprentissage de son métier.

Il travaille avec un tour et son père nous montre différentes techniques de travail.
Leur savoir faire est époustouflant, nous sommes heureux de les aider à remettre en route la petite entreprise et heureux de les aider à retrouver un peu de leur dignité qu'ils avaient perdue depuis bien longtemps! Nous aimerions trouver les moyens de vendre leurs poteries dans les villages environnants ainsi qu'à Jaisalmer.
Le potier a vendu son premier Ganesh à Anaïs la fille de Marika responsable de l'Association MIBLOU. Elles sont venues nous rendre visite cet été. http://www.miblou.org/
Nous aimerions remercier Gabrielle et Francois pour leur passage chez nous, ils ne sont restés que 3 jours, nous aurions aimé qu' ils restent pour toujours.
Ils font un voyage d'une année et ils sont partis depuis 6 mois, ils ont traversé l 'Armenie, l'Iran et l'Inde et sont en route vers le Népal, la Thailande et le Cambodge.Ils rendent visite à des associations tout au long de leur voyage et leur apportent aide et réconfort.
Ils nous ont donné de précieux conseils concernant l' accueil de touristes sur notre lieu. Ils ont dormi dans nos huttes et ont partagé notre quotidien avec beaucoup de joie et d'entrain.
Gabrielle et François sont des passeurs d'espoir, autant dans leurs actes que dans leurs mots. Ils nous ont apporté un regain de courage et de confiance.
Nous vous conseillons d'aller sur leur site: http://www.esperrance.org
L'équipe Malenbaï.
29 juillet 2009
Les dernières nouvelles de Podha
De fortes pluies ont touché plusieurs fois notre région et nous avons commencé à cultiver le Gwar (nourriture pour chameaux)
La grosse roue arrière de notre tracteur a lâché ! Elle était très usée et nous avons dû la remplacer.
Nous avons envoyer 400 euros à Pabu pour acheter un nouveau pneu et le tracteur est reparti vers de nouvelles aventures dans le sable avec une nouvelle jeunesse !
Pabu a planté de nouveaux arbres car ceux de l'année passée ont été emportés par des tempêtes de sable, continuons à esperer..... et à persévérer !
La deuxieme chèvre a donné naissance à deux chevrettes en parfaite santé.
Les travaux de huttes et d'amménagement avancent bien. Pabu est tres occupé dans ces travaux, il nous dit que notre lieu sera bientot prêt à accueillir les touristes désireux de vivre une expérience unique dans le desert.
L'Equipe Malenbai
.
Maison de Podha.
01 juin 2009
Texte de Marie-Luce, publié dans le bulletin de juin de l'école de Verrières
Capucine, une ancienne élève de l’Ecole deVerrières est venue le 15 mai à la rencontre des élèves de la 9ème à la 12ème classe, parler de son expérience, de sa vie en Inde et de son association.
Elle était accompagnée de Geneviève Baumann, professeur de cycle à Genève. Cette dernière emmène depuis plusieurs années les élèves de la 11ème Classe effectuer leur stage social en Inde au sein d'associations à but humanitaire dont Malenbai. Elle a donc pu raconter à nos élèves l'expérience riche que vivent ces jeunes. Malenbaï est une association à but humanitaire, née en aout 2007, qui travaille essentiellement dans le nord de l'Inde.
Elle se donne comme objectif prioritaire de soutenir les familles les plus démunies du désert du Thar, au Rajasthan.
Capucine à raconté combien, elle avait été touché et appelé à vivre dans le désert dès sa rencontre avec le sable et les dunes du Rajasthan. Ses conditions de vie là-bas peuvent pourtant être extrêmes; le confort occidental que nous ne voyons même plus tellement nous y sommes habitué est quasiment inexistant (pas d'eau courante, cuisine au feu, pas d'électricité...) la différence de culture est incroyable, il lui a fallut deux bonnes années pour connaître les rouages des règles et coutumes. Elle vit donc près de Jaisalmer la majeure partie de l'année avec Pabu l'un des membres de la caste des Bhils, ils ont eu ensemble un petit garçon prénommé Mohan, qui passe du marwadi (dialecte local) au français avec un naturel déconcertant. Les Bihls font partis des castes les plus basses du Rajasthan.
Ces familles vivent dans une grande précarité et souffrent de malnutrition et de manque de soin.
Beaucoup d'enfants n'ont pas accès à la scolarité et doivent très tôt trouver un moyens de ramener quelques roupies à la maison pour faire vivre leur foyer. De ce fait, la culture tombe dans l'oubli.
Afin de survivre les hommes délaissent peu à peu l'artisanat, leur musique, leur savoir-faire ancestral...Toutes les richesses enseignées par les générations passées sont de moins en moins transmises aux enfants. Malenbaï se donnent donc de grandes lignes d'action que Capucine à défini ainsi:
-soutenir les familles en aidant au développement d'une économie locale,
-Sensibiliser les populations au respect de l'environnement et au développement durable.
Capucine s'efforce de le faire au quotidien, mais reste persuadée que c'est par l'éducation des enfants que cela portera ses fruits.
-Préserver la culture et les traditions locales d'artisanat locale ou d'art.
Capucine dira à son assemblée: il est indispensable que chaque famille puisse vivre décemment du fruit de son travail, cependant comment faire pour aider l'économie locale? Comment favoriser la culture? Malenbai emprunte différents chemins afin de voir ses objectifs se concrétiser.
Pabu arpente la région afin de dégoter de la laine de chameau et de chèvre pour permettre a un tisserand à qui il sont restauré le métier à tisser de confectionner des tapis.
L'association propose également à ses adhérents de parrainer le potier et sa famille afin de l'aider à reprendre son activité.
Et se donne aussi comme priorité de continuer à planter des arbres dans le désert et préserver l'environnement.
Et pour finir, Malenbaï avec l'aide précieuse des élèves de Genève à pu entamer la construction de huttes afin d'accueillir un tourisme éthique et solidaire.
Cette belle présentation à été illustrer par un diaporama permettant aux élèves de mieux appréhender la vie que mène Capucine et aussi d'imaginer quelle expérience la 11ème classe de Genève a pu vivre.
L'échange avec les élèves était riche et touchant. Son chemin de vie n'est pas toujours des plus simple mais Capucine à je pense pu transmettre aux élèves ce que nous nous efforçons de leur transmettre à travers notre pédagogie, à savoir choisir son propre chemin de vie et avoir les forces et la disponibilité intérieure de vivre ce qui s'offre à soi.
Je vous invite pour ceux qui voudraient en savoir davantage, à aller sur le blog
Malenbai:http://malenbai.canalblog.com

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